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De la fin d’un tabou au best-seller

 Quand les success-stories bousculent l’édition traditionnelle

Les auteurs indépendants ont le vent en poupe ! Sans même remonter à Virginia Woolf, depuis l’avènement du numérique, nombreuses sont les belles histoires éditoriales qui ont débuté par l’auto-édition. On assiste ainsi à la fin d’un tabou. Voici quelques éléments de réponse sur cette révolution éditoriale qui a vu naître de nouvelles success-stories.

L’auto-édition, un acte militant

C’est aux États-Unis que les auteurs indépendants utilisant l’auto-édition représentent la part la plus importante des créateurs de best-sellers. Pourquoi ? Parce qu’aux États-Unis, le livre numérique représente lui-même un pourcentage impressionnant des ventes de livres. 40 % plus exactement, alors que les cinq plus grandes maisons d’édition ne représentent que 35 % du marché.

Derrière cette réalité américaine se cache un acte militant : les auteurs américains indépendants estiment en effet que le réseau traditionnel des éditeurs/diffuseurs accapare une part trop importante des bénéfices liés à la vente de livres, et que leur valeur ajoutée est trop limitée dans le nouveau contexte du livre numérique.

Un nouvel écosystème éditorial pour de grandes success-stories anglo-saxonnes

Cette révolution culturelle est plus lente à se mettre en place en Europe et surtout en France, mais le temps est compté. Le métier traditionnel d’éditeur est de plus en plus souvent délégué par l’auteur à une plateforme d’auto-édition. Un coach littéraire peut aider à faire aboutir un manuscrit. Les étapes techniques peuvent être facilement mandatées à un prestataire. Les référencements sur les réseaux de distribution en librairie sont désormais accessibles pour des sommes raisonnables. Et sur le Web, il est aujourd’hui possible de promouvoir une œuvre relativement facilement. Tout cet écosystème, qui n’existait pas il y a encore cinq ans, est à disposition de l’auteur. Ceci a une forte propension à remettre en cause les 7 % de droits alloués aux auteurs pour la vente d’ouvrages. Mieux : aujourd’hui, certaines plateformes spécialisées dans l’auto-édition proposent une prestation d’aide à l’édition intégrée, de A à Z : il n’a jamais été aussi facile ni aussi sûr pour un auteur d’être son propre éditeur.

Les best-sellers autoédités sont donc légion aux USA et au Royaume-Uni. Tout le monde connaît Cinquante nuances de Grey d’E.L. James – 50 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Silo, de Hugh Howey, a vu ses droits rachetés par le grand réalisateur Ridley Scott. Il existe bien d’autres exemples.

Quand les best-sellers bousculent maintenant le marché français

De fait, l’auto-édition concerne aujourd’hui la France. Elle représente 1 livre sur 8 vendus et progresse de 30 % par an en France depuis 2004. Dès lors, les réussites auto éditoriales commencent à véritablement compter dans le paysage du livre en France.

Agnès Martin-Lugand (Les Gens heureux lisent et boivent du café), Linda Gillard (House of Silence), David Forrest (Petit Ange), mais encore Jean-Yves Archer, Jacques Vandroux ou Jean-Pascal Ansermoz témoignent d’une belle réussite en auto-édition. On touche ici à la fin d’un tabou : d’après Alison Baverstock (université de Kingston, ancienne éditrice), 70 % des auteurs autoédités sont très satisfaits par cette nouvelle manière de publication tout en éprouvant un véritable sentiment d’accomplissement !