Orthographe : êtes-vous incollable ?
Orthographe : êtes-vous incollable ?
Chers amis auteurs, vous étiez plutôt 10/10 ou zéro pointé en dictée ? Et aujourd’hui, combien d’entre vous rêveraient d’acquérir les compétences et le savoir de Jacques Capelovici, dit maître Capello, ce célèbre grammairien, verbicruciste et animateur de jeux télé, référence en la matière ! Le français est tellement piégeux…
Difficile parfois de s’en dépêtrer. Soyons clairs, il n’est pas simple d’y remédier. Un conseil tout de même, ne négligez pas la relecture. Par vos soins, par un proche, par un correcteur professionnel ou avec l’aide d’un logiciel : c’est une étape primordiale. Un manuscrit se doit d’être le plus « propre » possible. En tout cas, si l’orthographe est votre bête noire, voici un petit pense-bête des fautes les plus fréquentes.
- Les homophones, késako ?
Faire une pause (ou peut-être une pose) pour réfléchir à mon orthographe ! Alerte homophones : ils représentent le piège par excellence. Les homophones (du grec « homo » = même/pareil et « phono » = son) ont le même son, mais une orthographe et un sens différents. La langue française en est truffée : sot/seau/sceau/saut ; rêne/renne/reine ; repère/repaire ; point/poing ; abime/abîme ; air/aire/erre/ère ; différent/différend ; balade/ballade ; cœur/chœur ; hospice/auspices ; compte/conte/comte ; foi/foie/fois/ ; raisonner/résonner ; fond/fonds/fonts/ ; tache/tâche ; roder/rôder ; gêne/gène ; sain/saint/sein/seing ; sur/sûr ; mur/mûr ; quand/quant/qu’en/camp ; mais/mets/mes/m’est ; plutôt/plus tôt ; tant/temps/t’en/tend ; leur/leurre, etc., etc.
Et on peut même s’en amuser : Le ver vert va vers le verre ; Le maire refuse d’amener sa mère à la mer. Il n’y a pas de remède miracle si vous tombez régulièrement dans ces pièges : faites-vous des fiches et vérifiez ou, si vous avez un doute, mais que vous avez la flemme de chercher et que c’est possible, privilégiez un synonyme (exemple : « il a pris les commandes » à la place de « il a pris les rênes »).
- « À » ou « A » ?
Aaaaah quelle galère ! C’est une faute classique et pourtant si simple à éviter. Pour info, à est une préposition tandis que a est l’auxiliaire avoir à la troisième personne du singulier. Pour déterminer que a est bien un verbe, il suffit de changer le temps en mettant la phrase à l’imparfait. Par exemple Elle a faim devient Elle avait faim, à l’imparfait. Plus de doute, il s’agit bien du verbe avoir donc pas d’accent. En revanche, la phrase Elle part à Paris ne peut pas être transformée. Elle part avait Paris n’a pas de sens. Dans ce cas-là, a est donc une préposition et prend un accent.
Accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir : le pire des casse-tête ?
Question-réponse ! Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé ne s’accorde pas avec le sujet. Par exemple Il a invité ses amis. OK, simple, sauf que ce n’est pas si simple. Il existe une subtilité… En effet, le participe passé s’accorde avec le COD si celui-ci est placé avant lui. Par exemple, Il les a invités. Les est le COD et il est placé devant. Il faut alors se demander à qui les fait référence : il a invité qui ? Réponse : ses amis. Le participe passé invités s’accorde donc au pluriel.
- « Er » ou « É » ?
Le 3e groupe à la rescousse ! Cette faute est sûrement dans le top 3 des plus commises… Une astuce facile à retenir vous permettra de savoir si le verbe doit être à l’infinitif (er) ou au participe passé (é). Il suffit de le remplacer par un verbe du 3e groupe comme mordre, sortir, prendre ou vendre. Je dois porter ce manteau au pressing devient Je dois prendre ce manteau au pressing. C’est donc bien de l’infinitif. Elle a acheté un manteau vert devient Elle a vendu un manteau vert. C’est donc bien un participe passé.
- « Ce » ou « Se » ?
Une histoire de pronoms ! Ce est un pronom démonstratif (il montre) alors que se est un pronom personnel réfléchi. Se s’utilise devant un verbe et peut être remplacé par un autre pronom comme me, vous. Ainsi On se parle bientôt devient Nous nous parlons bientôt. Comme ce s’utilise aussi devant un verbe, il faut le différencier en le remplaçant par cela. Ce fut une sacrée aventure devient ainsi Cela fut une sacrée aventure. Il peut aussi être utilisé devant un nom, il faut alors le remplacer par celui-là. Ce vélo devient celui-là.
- « Ai » futur ou « ais » conditionnel ?
Le « S » de la discorde ! La terminaison de la première personne du singulier au futur, ai, et celle au conditionnel, ais, pose souvent des problèmes. Il est facile de se mélanger les pinceaux… Gardons en tête que le futur correspond à ce qui se passera à l’avenir et que pour le conditionnel, il y a une condition, si. Petit moyen mémo technique : le conditionnel est toujours accompagné de si donc la terminaison du verbe prend toujours un s. Et inversement, jamais de s au futur. C’est simple comme un s, non ?
- « Second » ou « deuxième » ?
C’est plus simple d’être premier ! Dans les cas où il ne peut pas y avoir de troisième, on utilise second. L’exemple le plus évident est la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a pas de troisième guerre mondiale, on emploie donc l’adjectif seconde. En revanche, lorsqu’on parle d’une course avec de nombreux participants, on dira Elle a fini deuxième du cross, car il y a forcément d’autres coureurs après elle, un troisième, un quatrième, etc.
- « Mr » ou « M. » ?
So british ! Attention à ne pas confondre les abréviations. Mr est l’abréviation anglaise issue de Mister alors que M. est l’abréviation de Monsieur, en français. Dans un manuscrit en français, il faut donc utiliser M. : M. Martin ne connaît pas M. Dupont.
- Les adverbes en « ment », un ou deux « m » ?
Regarde devant ! Comment savoir quand il faut mettre deux m ? Il faut regarder si la syllabe ment est précédée du son a, qu’elle soit écrite avec un e ou un a. Si c’est le cas, alors l’adverbe prend deux m (notamment, abondamment, fréquemment). Si la syllabe ment est précédée du son e, il ne faut qu’un seul m (notablement, confortablement, indéniablement).
- « Cents » ou « cent » ?
Phobique des chiffres ! Pas de panique, la règle est simple. Quand cent est seul, il prend un s, mais il le perd quand il est suivi d’un autre chiffre : Le loyer est de sept cents euros alors que Le loyer est de sept cent dix euros.
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